Découvrir l’Occitanie par le canal du Midi

Les charmes typiquement occitans de l’Hérault, de l’Aude et de la Haute-Garonne se savourent aussi depuis l’eau, en suivant le canal du Midi mis en service voilà 340 ans. A pied, à vélo, en rollers, le long du chemin de halage ou à bord d’une péniche, cette balade au cachet particulier a le don d’associer à la découverte de paysages dorés, une grande liberté de gestion de loisirs.

Sur terre ou sur l’eau

Les écluses fleuries, les ports de plaisance du canal bordé de dizaines de milliers de platanes rafraîchissants participent au charme de la voie royale du tourisme fluvial en Europe. A pied, à vélo, en rollers, à chacun son mode de découverte favori, certaines portions du chemin de halage s’y prêtant. Mais le moyen de déplacement le plus prisé demeure la navigation fluviale pour s’en mettre plein les yeux et faire des haltes régulières de façon la plus confortable. Champs jaunes de tournesols et de colzas, lignes de cyprès et de pins parasols, côteaux de vignobles, charmantes bourgades et clochers gothiques marquent les paysages traversés par la coulée verte du canal du Midi. Le voyage y est synonyme de grande liberté, les étapes permettant de se ravitailler, de descendre les vélos du bateau pour, là, emprunter les rues de coquets villages, ou ici, s’élancer vers une cité médiévale.

Du transport de blé à la navigation ludique

Pierre-Paul Riquet, le concepteur du canal et Colbert, le ministre des Finances qui donna son aval pour le lancement des travaux en 1667 étaient loin de se douter que le canal du Midi deviendrait une destination touristique majeure. Cet ouvrage d’exception, qui a nécessité quinze ans de travaux et l’implication de 12 000 ouvriers était, en effet, destiné à favoriser le négoce de blé. 240 kilomètres, 190 mètres de dénivelé ayant nécessité la construction de 63 écluses, plus d’une centaine de ponts-canaux, et la création du lac de Saint-Ferréol pour alimenter le canal du Midi en eau, en font l’un des plus grands exploits de génie civil. On vient du monde entier pour l’emprunter, pour s’ébahir de son ingéniosité technique et pour profiter d’une possibilité rare, celle de concocter son temps de loisirs à façon, à son rythme et dans un état contemplatif bienfaisant.

Expositions et circuit littéraire rythmé à Rouen

Deux expositions majeures y célèbrent l’œuvre de Gustave Flaubert.
Le Musée des Beaux-Arts de Rouen accueille « Salammbô : fureur, passion et éléphants », reflet de la vision d’un Orient fantasmé comme terre d’exotisme, mais aussi théâtre de violences, telle que développée par l’écrivain dans son roman. « La fabrique de l’œuvre », porte quant à elle sur les manuscrits de Madame Bovary et de Bouvard et Pécuchet, dernier roman édité à titre posthume. Autre façon inédite d’aller à la rencontre de Flaubert, Rouen organise jusqu’au mois d’octobre, un circuit de 10 kilomètres à effectuer en courant ou en marche rapide dans les rues de la ville. Les personnages clés de l’écrivain se racontent à travers elles.

Les étapes incontournables du canal du Midi

Sur les 240 kilomètres étirés entre l’étang de Thau, près de Sète, et Toulouse, il est des étapes obligées. Des vignobles du Minervois jusqu’au pays des châteaux cathare, Béziers, Carcassonne, Castelnaudary et son bassin bordé de cafés et de guinguettes, mais aussi le charmant port du Somail s’égrènent comme des promesses de découvertes inédites. Mais ce serait faire injure à Trèbes et Homp, à partir duquel l’on peut rejoindre le lac de Jouarres pour une pause baignade, et au magnifique Port Lauragais que de les dédaigner. Une halte est aussi l’occasion idéale de faire connaissance avec les produits du terroir en flânant dans les petits marchés locaux, ainsi que la gastronomie du lieu en s’attablant dans l’un des restaurants qui ont fleuri en bord du canal du Midi.

Le génie d’ouvrages d’exception

Il n’est pas surprenant que ce prestigieux ouvrage soit inscrit au patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 1996. Ses prouesses techniques témoignant de la pugnacité de son concepteur, confronté à bien des problématiques. Le seuil de Naurouze, pierre angulaire du projet de construction et son point le plus élevé en est le symbole fort. Pour alimenter le canal du Midi en eau, Pierre-Paul Riquet a eu l’idée de récolter celles de la montagne Noire et de les amener jusqu’au seuil de Naurouze, via le lac de Saint-Ferréol qu’il fit creuser en guise de réservoir. Le pont-canal de Répudre au-dessus du ruisseau éponyme, à Paraza dans l’Aude, ou le tunnel de Malpas sous la colline d’Ensérune dans l’Hérault, véritable défi technique pour l’époque, sont des exemples d’ingéniosité dont il fait montre pour contourner les écueils topographiques. Sans parler de l’époustouflant spectacle offert par l’escalier géant des neuf écluses de Fonseranes, à Béziers. Sur 300 mètres, cette succession de bassins en escalier permet de franchir un dénivelé de 20 mètres qui posait alors problème.

Le canal se poursuit vers l’ouest et le sud

Vers l’océan Atlantique, le canal change de nom au-delà de Toulouse. En effet, depuis le XIXème siècle, sur 193 kilomètres, le canal de Garonne double la Garonne de Bordeaux à Toulouse, prolongeant ainsi le canal du Midi pour fournir une voie navigable d’une mer à l’autre. Permettre la jonction entre l’Atlantique et la Méditerranée, leur a valu le nom de « Canal des deux Mers ». En direction du sud cette fois, le canal de la Robine, une branche latérale du canal du Midi, traverse Narbonne pour déboucher sur la Méditerranée à Port-la-Nouvelle, permettant ainsi d’accéder aux plaisirs de la mer.

A chacun ses envies de découvertes, de désirs d’ambiance allant vers la tranquillité ou quelque chose de plus animé. Le canal du Midi, l’un des plus anciens canaux d’Europe en fonctionnement, qui traverse campagnes verdoyantes, villes historiques et villages typiques permet tout cela.

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